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Les "Grandes dates" de l’histoire Réunionnaise


L'île de La Réunion est située dans l'océan Indien. C'est un joyau tropical riche en histoire, en diversité culturelle et en paysages époustouflants. Cet article va vous permettre d'en savoir un peu plus sur son passé qui fait qu'aujourd'hui ce petit rocher est une destination si accueillante et désirée.


LA RÉUNION C'EST D'ABORD UNE HISTOIRE DE NOMS


Pour commencer l'île s'est appelée DINA MORGABINE.

Au 12eme siècle les navigateurs arabes furent les premiers à cartographier l’île pour la nommer "l’île de l’Ouest" - Dina Morgabine. Maurice se nomme alors Dina Arobi qui signifie "île abandonnée" et Rodrigues Dina Mozare qui signfie l'île de l'Est.


Puis le second nom de l'île inhabitée fut SANTA APOLONIA.

En 1507 Tristan de Cunha aperçoit l'île lors d'un voyage aux Indes et la nomme Santa Apolonia (Sainte Apoline) du nom de la sainte du jour (le 9 février). Ce sont aussi les portugais qui donnent le nom de Mascareignes à l'archipel, en hommage à Pedro Mascarenha qui avait débarqué à Maurice en 1505


En 1613 Blackwell, un britanique y fait escale et rebaptise l'île ENGLAND FOREST à cause de la luxuriance de sa végétation qui lui rappelle son pays.


En 1638, Les français, basés à Madagascar, prennent possession de l'ÎLE MASCARIN au nom de leur roi mais ils ne l'occupent pas. C’est le commandant Salomon Goubert qui pose le premier pied français sur l’île et en prend possession.


C’est en 1649 que Etienne de Flacourt, commandant de Fort Dauphin ( comptoire Français de Madagascar ), renouvelle officiellement la prise de possession de l’île au nom du roi de France, et la nomme L’ÎLE BOURBON. L’île ne sera pourtant pas occupée immédiatement.


En 1663 le peuplement donne alors son premier nom officiel à La Réunion : L'ÎLE BOURBON. La prise de possession française est officialisée et qu’elle prend le nom du roi de France. Un premier groupe mené par Louis Payen et 10 malgaches s’installe à Saint-Paul pour y habiter durablement, bien que la colonisation officielle de l’Isle de Bourbon revienne plutôt à Etienne Regnault qui en 1665 s’y installe avec une vingtaine de colons arrivés de France. C’est à partir de cette date que le peuplement définitif de Bourbon débute et que la Compagnie des Indes installe son premier comptoir et organise la colonie mais aussi grâce à la déconvenue de Fort Dauphin.


Pendant 50 ans l'île est au fur et à mesure peuplée sans réelle ligne de construction et intérêts économiques. Mais La Compagnie des Indes décide en 1715 d'imposer la culture du café comme production sur l'île.



La Réunion DAN TAN LONTAN


L'ÂGE D'OR DU MOKA ET DU CAFÉ : DÉBUT DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE L'ÎLE.


La Compagnie des Indes administre directement l’Isle de Bourbon et la colonisation commence avec l’arrivée des premiers colons français accompagnés d’une main-d’œuvre malgache. L’administration crée les premiers quartiers, exploite les richesses et accorde les premières concessions. Saint-Denis voit le jour en 1667 et devient le chef-lieu à la place de Saint-Paul en 1738.


C’est l’âge d’or de l’implantation des plants de moka et du café, ce développement important s’accompagnera d’un fort courant d’importation d’esclaves, essentiellement malgaches puis africains : on en dénombre ainsi 4 500 en 1736, et 23 000 en 1779.

L’augmentation de la population, le partage et le manque de terre mais aussi la faillite progressive de la culture du café entraînent peu à peu l’appauvrissement de certains blancs qui s’exileront dans les hauts (petits blancs des hauts ou yabs). La compagnie des Indes fait faillite en 1764 et rétrocède l’île au Roi de France.


A partir de ce changement et des bouleversements qui en découlèrent, les différents gouverneurs restructurent l’administration de l’île qui connait de nombreux changements administratifs et judiciaires, et renoue aussi avec une période économique de développement, qui durera jusqu’à la révolution française de 1789.


RÉVOLUTION ET CHANGEMENT DE NOM ( ENCORE ) :


En contrecoups de la révolution française de 1789 et son application sur l’île, une assemblée coloniale est crée en 1790, et décide notamment de rebaptiser l’Isle de Bourbon en ILE DE LA RÉUNION en 1794. L’île connaît alors une période difficile entre catastrophes naturelles et de graves pénuries.


L’abolition de l’esclavage dans les colonies décrétée dès 1794 par la France est refusée par les colons et l’assemblée coloniale, et les 2 commissaires chargés de mettre en application ce décret sont renvoyés de force vers la France.


A partir de 1799 et la période napoléonienne, La Réunion change encore de nom pour s’appeler l’ÎLE BONAPARTE, et s’en suit une décennie de guerres qui voit notamment passer l’ile sous contrôle britannique entre 1810 et 1814, pour être finalement rendue à la France en 1815, qui lui redonne le nom d’ÎLE BOURBON.



cascade à La Réunion


LA CANNE À SUCRE COMME PLAN DE DÉVELOPPEMENT


C’est à partir de cette date que la culture de la canne à sucre va fortement s’étendre sur Bourbon en réponse à la pénurie de sucre que connaît alors la France, et marquer durablement le développement de l’île mais aussi l’identité réunionnaise.

La croissance de la culture de la canne à sucre continue à rendre nécessaire une importation massive de main d’oeuvre venue de Madagascar et d’Afrique, et plus de 45 000 esclaves seront introduits à Bourbon entre 1817 et 1831. L’esclavage a connu un tel niveau d’intensité à cette époque qu’il a fini par menacer les colons eux mêmes, certains esclaves rejettent leur situation, se rebellent et épris de liberté décident de s’enfuir dans l’intérieur et les hauts de l’île, où ils seront pourchassés.



champ de cannes à sucre


L'ABOLLITION DE L'ESCLAVAGE


Ce n’est qu’en 1848 avec la proclamation de la seconde République que Sarda Garriga proclame l’abolition de l’esclavage à La Réunion le 20 décembre 1848. C’est aussi à cette date que l’île Bourbon redevient définitivement l’ILE DE LA RÉUNION, on rétablit le nom révolutionnaire. L’île comptait alors 62 000 esclaves.

Triste statistique mais à la suite de cette victoire, plus de 60% des esclaves libérés n'ont pas donné de suite générationnelle.



Abolition de l'esclavage


ENGAGISME ET CRISES À RÉPÉTITION


L’abolition de l’esclavage de 1848 ne freinera pas la culture de la canne à sucre qui vivra son âge d’or jusqu’à la crise de 1860. Les propriétaires en besoin de main d’oeuvre participent aux vagues d’immigration notamment indiennes et la production de tonnes de cannes progresse sensiblement.


A partir de 1860, une série de catastrophes naturelles et d’épidémies mais aussi la concurrence de la betterave à sucre vont plonger l’île de La Réunion dans une crise et un profond marasme dont elle peinera à se sortir malgré quelques périodes de reprises.


Après l’âge d’or de la canne à sucre, les réunionnais diversifient leur production agricole (vanille, girofle, café…) et introduisent de nouvelles cultures, notamment pour l’extraction des huiles essentielles (vétiver, ylang-ylang, géranium…). C'est une période qui marquera à jamais la végétation de La Réunion par une déforestation excessive et une importation massive de nombreuses plantes envahissantes.


La situation économique et sociale de La Réunion du début du XXè siècle n’en demeure pas moins fragile, d’autant que le redressement amorcé vers 1920 fut interrompu par la seconde guerre mondiale. L’entre-deux guerre en revanche se caractérise par un redressement économique de l’île et un accroissement de la population.


En 1942, l’arrivée du contre torpilleur de la France Libre, Le Léopard, permet la libération de l’île et la capitulation du gouverneur en place Pierre Aubert (resté fidèle au Maréchal Pétain), au profit d’un nouveau gouverneur André Capagorry. La Réunion se reconstruit alors politiquement et économiquement.


Le projet de départementalisation porté depuis longtemps par les députés Léon de Lepervanche, Raymond Vergès, Gaston Monnerville, Félix Eboué et Bissel est présenté à l’Assemblée Nationale et adopté à l’unanimité le 19 mars 1946. La Réunion, les Antilles et la Guyane deviennent des départements français d’outre-mer.



agriculture du passé


LA DÉPARTEMENTALISATION


Après presque 300 ans de colonie, La Réunion devient un département en 1946, mais les changements économiques et sociaux tant attendus par la population se font attendre. Les retards s’accumulent et La Réunion vit dans une situation économique et sociale très difficile, où le taux de pauvreté est très important.


Ce sont les années 1960 et aussi l’élection de Michel Debré en 1963 qui vont marquer un tournant majeur de l’histoire réunionnaise. L’île connait en effet une accélération de son histoire et une modernisation fulgurante (éducation, santé, économie, démographie, infrastructures, logement…), mais aussi des bouleversements importants. La société coloniale laisse place à la société de consommation.


LA RÉGION


En 1982, la loi de décentralisation crée le Conseil Régional et La Réunion devient une région, au côté du Conseil Général (département).


La Réunion devient une région européenne en 1992 et une région ultra-périphérique de l’Europe en 1997.


La départementalisation puis la régionalisation et enfin l’Europe ont considérablement accéléré les mutations de la société et du paysage réunionnais. La démographie a connue une croissance exponentielle et en 50 ans la population de La Réunion a triplé.

L’île a connu une nouvelle accélération économique à partir des années 1990, devant notamment faire face au besoin de logements, avec une augmentation importante du nombre de constructions, qui ont été favorisée par des dispositifs de défiscalisation attractifs.


Entre 1993 et 2007, La Réunion est de loin la région française qui a connu la croissance économique la plus rapide. Mais des crises sanitaires sont venus perturber cette évolution positive et ont eu un impacte significatif sur le tourisme réunionnais : Chikungunya / Crise requin / COVID / Dengue.


Ce qui nous montre la fragilité toujours présente d'une île magnifique mais isolée au coeur de l'océan Indien.



Terre & Mer




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